Paul Robin et alii

Cempuis et l'éducation intégrale

(1900)

 



Note

Ceci est le texte presque complet du manifeste en faveur de l'éducation intégrale qui a représenté une bonne partie de la pensée des anarchistes sur la formation des enfants.

 


 

Manifeste aux amis de l’instruction et du progrès pour la diffusion des principes, méthodes et procédés de l’éducation intégrale.

I

Le siècle qui va finir n’aura point passé en vain. Il a creusé dans l'histoire un sillon qui nul n'effacera. Une révolution s'est accomplie, plus profonde que celles qui bouleversent les empires: quelque chose est changé dans la manière de procéder de l'esprit humain. On pense autrement qu’autrefois. Et cela est si vrai que celui qui revit le passé par l'histoire est sans cesse obligé de faire effort sur lui-même pour comprendre les hommes e les choses de ces temps, rapprochés par la date, lointains par la distance parcourue. Il lui semble être transporté dans un autre monde et parmi des êtres d'une espèce différente.

Ce grand phénomène historique auquel nul autre ne peut être comparé, l’avènement de la science, appartient à notre époque Les génies des autres âges n'ont été que des précurseurs, leurs plus grands découvertes que des éclairs. Aujourd'hui la science est constituée. Elle possède, désormais, son outillage, ses méthodes: elle pousse à fond ses analyses, elle bâtit de grandioses synthèses; en même temps, elle repétrit la cervelle humaine sous une forme nouvelle et tout à l'envers du vieux moule. La science et l'esprit de la science sont partout. Quiconque pense, pense selon ses formules; et celui-là même qui veut la combattre est forcé d'emprunter son langage. Son influence pénètre jusque dans les couches sociales profondes, indirectement, il est vrai, et par ses productions matérielles, ses machines, ses chemins de fer, ses télégraphes; elle change les habitudes de la vie et de la direction des idées. Transformation irrésistible: l'enrayer est aussi impossible que d'arrêter une planète dans son orbite.

Tout se tient, tout s'enchaîne. Telle conception de l’univers et de ses lois, de l'homme et de la société, telle morale, et aussi telle pédagogie. L'ancien monde eut la sienne, autoritaire, compressive, négative, tendant à l'amoindrissement de la vie, en parfaite concordance avec sa philosophie sans substance et sa morale édifiée dans le vide. Avec une logique non moins rigoureuse, l'esprit moderne, l'esprit de la science impose un idéal tout opposé d'éducation, d'une éducation positive, émancipatrice et expansive, ayant pour but l'agrandissement de l'être et le développement de toutes ses activités, conséquence irréfragable d'un concept nouveau de la nature et de la vie, de la destinée humaine et de l'organisme social. Cela s'impose, disons-nous. Conserver dans l'enseignement ce qui n'est plus dans les idées ni dans les moeurs, élever les enfants au XX siècle comme s'ils devaient vivre au XIII, c'est un état contradictoire et violent qui ne peut pas durer: rien ne dure contre la logique.

Notre époque a été une époque de doute et de transition. De là sa tristesse que tous ont sentie, et dont on n'a pas compris ou pas voulu dire la raison profonde. Chacun de nous en son propre être et pour sa part a dû refaire cette laborieuse histoire de son siècle. Nous avons reçu de nos pères, en outre d'hérédités cérébrales obscures, toutes les figures du vieux monde, l'empreinte profonde des idées d'avant la science. Alors il nous a fallu, arrivés à l'âge où l'on pense, oublier avant d'apprendre, détruire avant de construire et, sur un autre plan, défaire et refaire pierre à pierre l'édifice de notre éducation. Dur travail, et ingrat, qui ne va pas sans d'intimes souffrances. Plus d'un en est sorti brisé; et combien sont restés à mi-chemin, associant on ne sait comment dans leurs cerveaux des idées disparates, inconciliables, résumant en eux-mêmes tout le désordre intellectuel de leur temps.

Ne léguons pas une pareille tâche à ceux qui viendront après nous. Faisons, s'il se peut, à nos fils une âme plus sereine que la notre; qu'ils ignorent nos luttes et nos contradictions. Laissons-leur une heureuse enfance du coeur, un esprit simple et droit en face des réalités, une imagination délivrée de fantômes. Préparons-les non, comme on le dit trop souvent, en vue de la lutte pour la vie, mais de l'aide réciproque pour la vie, en vue et dans l'espoir de la pacification sociale. Que la génération qui nous oubliera reçoive de nous quelque chose du moins dont elle se souvienne: l'éducation de la raison et de la science, cette éducation guérisseuse et libératrice, progressive par essence, et telle qu'on puisse y ajouter toujours sans avoir rien à rejeter jamais.

II

Eliminant résolument de la formule les facteurs imaginaires, la science considère l'être humain comme un tout solidaire, comprenant des organes, des énergies, des facultés de divers ordres, dont les activités multiples s'expriment par cet ensemble d'actes physiques, intellectuels et passionnels qui est la vie. Concevez ces éléments de nature différente comme atteignant chacun la limite la plus élevée de son développement normal, et en même temps se coordonnant, s'équilibrant, se concertant dans une parfaite harmonie: c'est l'idéal scientifique, le type de l'homme résumant toutes les conditions de perfectionnement et de bonheur. Réaliser en soi-même cet idéal, s'en rapprocher du moins le plus possible, c'est toute la morale; travailler à le reproduire en autrui, c'est toute l'éducation.

La première condition de l'ordre, en toutes choses, est l'intégralité. De même que l'être à qui manque un sens, un organe, l'homme auquel une des facultés essentielles à l'espèce fait défaut est un exemplaire incomplet et difforme. Ainsi que la santé physique consiste dans la pondération des divers systèmes organiques et leur fonctionnement synergique, la santé intellectuelle et morale est la résultante des facultés normalement développés et toutes harmoniquement convergentes. C'est la disproportion des facultés, les unes inconsciemment ou systématiquement déprimées, lés autres exaltées outre mesure et jetées hors de voie, faute de contrepoids, qui fait toutes ces organisations malheureuses et nuisibles, déséquilibrées, et ces luttes intérieures qui assombrissent l'existence, comme aussi ces étranges maladies endémiques de l'âme qui effraient dans l'histoire et dont l'humanité n'est pas encore guérie.

Les sociétés sont des résultantes: elles valent ce que valent les hommes. Comment le tout serait-il sain quand la partie est viciée? Et comment raccord serait-il dans les faits, quand la discordance est au fond des esprits? L'histoire ne se fait pas toute seule; en définitive, les événements dépendent des volontés, les formes en arrivent toujours à se modeler sur les idées. La cause profonde des grands désordres sociaux est dans l'inégalité excessive qu'il y a entre les hommes au point de vu intellectuel et dans la divergence absolue de leurs pensées. Cette inégalité, conséquence fatale de certains facteurs naturels ou historiques, tout a été fait, semble-t-il, consciemment ou inconsciemment, pour la porter à l'extrême, non pas seulement par l'ignorance dans laquelle on a laissé les masses, mais plutôt par l'éducation à l'envers qui leur a été faite, la contre-éducation, antirationnelle et immorale, différente et divergente, tendant à exagérer les oppositions au lieu de les atténuer. Il semble qu'il n'y ait plus d'idées communes entre les hommes, ni de langue pour se comprendre. Si pourtant il y avait un fond commun de raisonnement, on pourrait espérer de s'entendre. L'entente viendrait entre des êtres semblables aussi naturellement, aussi nécessairement que la discorde et là guerre entre des êtres foncièrement dissemblables, contradictoirement organisés. Hâtons-nous donc de mettre un peu d'ordre dans les cerveaux, si nous voulons qu'il y en ait dans les choses. Nous ne savons pas au juste quelle sera la formule sociale de demain. Quelle qu'elle soit, si nous voulons que l’évolution inévitable, imminente, s'accomplisse par l'accord des volontés réfléchies, non sous la poussée aveugle des instincts, il est temps de donner aux hommes une éducation qui les rapproche au lieu de les diviser.

L'infinie complexité des sciences, des arts, des industries modernes exige absolument que celui qui veut atteindre un certain degré de perfection dans une sphère quelconque se spécialise dans un ordre donné d'étude ou d'apprentissage; d'autre part, l'individu, dans le grand corps social où il joue le rôle d'organe, est obligé, comme tout organe, de s'adapter à un mode déterminé de fonction. Cette nécessité de la division du travail peut être une condition de progrès et de bonheur pour l'individu comme pour la société elle-même. Il serait trop absolu, dis-je, de considérer le développement intégral comme la part accordée au bonheur individuel, Et la spécialisation comme un sacrifice fait aux réciprocités sociales : cela n'est vrai que dans une certaine mesure. La spécialisation peut être un élément de bonheur individuel en tant qu'elle correspond à la diversité des organisations et des aptitudes, tandis que d'autre part la société a un intérêt suprême au développement équilibré et normal de tous ses membres. Au reste, ces choses ne sont pas inconciliables; il suffit que chacun soit mis en possession d'un certain degré de culture intégrale, comme d'une large base, ferme et bien lié, sur laquelle alors pourra se superposer sans rupture d'équilibre la spécialisation fonctionnelle, ainsi que de solides fondements bien nivelés portent sans fléchir le poids inégal des parties les plus élancées de l'édifice. Mais la spécialisation à outrance, étroite et commencée trop tôt, sans base d'instruction générale, est la cause la plus active de la misère et de la désorganisation sociale. C'est la forme moderne de l'esclavage. Elle fait des êtres instinctifs, incapable de raisonner, sans défense contre les chocs subits des événements, voués d'avance à toutes les exploitations: des machines et non pas des hommes. Or la machine travaille, inconsciente, engrène, mord le fer . .. jusqu'au jour où, trop surchargée, elle éclate et broie tout. Quel peut donc être la pensée de ceux qui parlent de borner l'instruction des enfants du peuple à l'apprentissage d'un métier? Mais c'est la formule même et la doctrine secrète du despotisme!

On ne change point les cerveaux en un jour, ni en vingt ans. La génération sacrifiée qui s'agite aujourd'hui achèvera ses destinées. Laissons passer le flot trouble. - Tout notre espoir est dans l'enfance.

Voilà pourquoi la grande oeuvre de notre temps, c'est l'éducation. C'est elle qui réclame tous les efforts, tout le dévouement de ceux dont la pensée va au-delà des vaines luttes du moment, et qui ne prennent point pour une aurore les rougeurs de ce soir orageux.

III

Cette éducation libératrice et pacificatrice, capable de former des organisations saines et bien équilibrées, une génération moins désunie à laquelle nous puissions léguer sans trop de crainte la solution des difficiles problèmes de l'avenir, elle est définie par cela même qu'on a démontré le but à atteindre, l'idéal à réaliser. On peut la caractériser par des attributs divers: on l'appellera éducation rationnelle, éducation scientifique, parce qu'elle est basé sur la raison et conforme aux principes de la science: on la dira universelle, parce qu'elle devra être commune à tous, du moins en ce qui est essentiel. Nous la désignons par le mot d'intégrale, qui contient sa définition: l'éducation tendant au développement parallèle et harmonique de l'être tout entier. Elle comprend nécessairement l'instruction intégrale qui servira de base à l'enseignement spécialisé, à l'apprentissage professionnel.

Les principes établis, les grandes lignes du plan arrêtées, le reste est affaire aux hommes de l'art, aux éducateurs de vocation, préparés par de longues études: la coordination des moyens en vue du but, la méthode, le tracé de la voie progressive et des étapes, les procédés à mettre en rapport avec l'objet et le sujet, les diverses matières de l'enseignement, l'âge et les dispositions des élèves, etc. Les programmes ainsi élaborés pourront, devront même, varier dans le détail selon les temps et les lieux, les conditions, se perfectionnant avec le progrès de la science et des moeurs intellectuelles: les traits essentiels demeureront, parce qu'ils sont l'expression même des nécessités logiques, et le caractère intégral qui les distingue ne laisse plus place qu'à des modifications d'ordre secondaire.

Dès qu'on veut établir la sériation des idées, force est de procéder analytiquement. Sans jamais perdre de vue l'ensemble, la solidarité du tout, la réciprocité des organes et des fonctions, des actes et des états, au moment de tracer le programme nous sommes obligés de diviser la matière. Nous considérons successivement l'éducation physique, l'éducation intellectuelle, à laquelle vient se rattacher l'enseignement technique, et l'éducation morale. Cette division en vaut une autre; elle est dans les habitudes des esprits, elle ne nous égarera point s'il est bien compris que ce n'est là qu'un procédé méthodique, et si notre pensée se reporte toujours du particulier en général, du point de vue analytique à la synthèse.

D'abord donc, avant toute autre chose, conformément à l'ordre des nécessités logiques, envisageons l'éducation physique, dans laquelle il y a lieu de distinguer deux côtés: le régime général hygiénique, ayant pour but le développement normal et ce bel équilibre organique et fonctionnel que nous appelons la santé, au sens large et philosophique du mot, et l'éducation spéciale des organes de relation, considérés comme instruments de perception et d'action, en tant qu'outillage, si vous voulez.

Ne craignons pas de descendre dans le détail, pour être précis. A la base du régime hygiénique, mettons l'alimentation abondante, simple, un peu rustique, variée cependant; exclusion générale, sauf exception motivée, des excitants, vin, café, etc. ; heures de repas réglées. Equilibre d'action et de repos, alternance des divers modes d'activité et des divers ordres d'exercices; proportion, distribution étudiée, selon les âges, des heures de travail intellectuel, d'exercice physique, de sommeil. L'air et la lumière à flots, à la jeune plante humaine; la vie à la campagne, s'il se peut, au dehors autant qu'il se peut; la classe même sous le ciel, au jardin, dans les bois, quand le temps le permet. Gymnastique naturelle, libre exercice au grand air, jeux organisés, promenades, excursions, saisons de bains de mer; gymnastique méthodique pour compléter et équilibrer les effets du mouvement spontané; exercices d'application, course, saut, natation, qui développent le courage physique et mettent l'homme en état de se tirer du péril et de venir en aide à ses semblables; gymnastique eurythmique, donnant la souplesse et la grâce. Vêtement conforme aux prescriptions de l'hygiène, en même temps simple et non sans élégance. Propreté surveillée, bains, ablutions fréquentes. Le tout sous le contrôle des mensurations anthropométriques, qui permettent de suivre le développement physique de l'enfant.

Entre cette éducation hygiénique d'élevage et l'éducation intellectuelle, non sans de nombreux points de contact avec l'une et l'autre, vient logiquement se placer ce que nous appellerons, faute d'un mot consacré, l'éducation organique, qui tend à développer l'acuité, la précision, la délicatesse des sens, à perfectionner les instruments d'expression et de travail, particulièrement cet outil merveilleux d'universalité qui est la main. Toutefois, si des exercices spéciaux, appropriés, sont nécessaires dans une certaine mesure, d'une manière générale l'éducation des sens et celle de l'adresse manuelle se font simultanément par la pratique des observations et manipulations, les études d'art et les travaux manuels, éléments négligés par l 'ancienne pédagogie, auxquels la nôtre fait au contraire une part si large.

Dans l'éducation intellectuelle, même principe: développement simultané, équilibre de toutes les facultés sans exclusion; facultés d'assimilation et de production, facultés d'ordre scientifique et d'ordre artistique, esprit d'observation, jugement, mémoire, imagination, sentiment du beau. L'instruction intégrale, réciproquement but et moyen d'éducation, se définit: un ensemble complet, enchaîné, synthétique, parallèlement progressif, en tout ordre de connaissances, et cela à partir du plus jeune âge et des premiers éléments. Dans toutes les grandes branches du savoir humain qui plus loin vont en se ramifiant à l'infini, il est à l'origine, à la base, des vérités simples, primordiales, fondamentales, facilement observables et intelligibles même pour les jeunes enfants: elles doivent constituer le premier trésor de notions possédé par le petit élève et destiné à s'enrichir graduellement.

C'est seulement par un puissant concours de moyens, concertés aussi bien en vue de la joie présente de l'enfant que des destinées futures de l’homme, qu'on peut lutter contre des hérédités déplorables et l’influence d'un milieu extérieur corrompu; reconstituer, pour ainsi dire, la génération à sa source, former une majorité d'être sains, bien organisés, intelligents, neufs pour la vie nouvelle, capables de bonheur et dignes d'entreprendre de grandes choses.

IV

Cette éducation intégrale, dont nous venons d'esquisser le plan, déduction logique des principes de la science, elle n'est point restée à l'état d'ingénieuse utopie ni de pure spéculation philosophique. Il s'est rencontré de fermes esprits, des hommes convaincus, audacieux, pour traduire la théorie en pratique et la faire passer dans le domaine des faits.

Des tentatives ont été faites; l’une du moins a pu être conduite jusqu'au terme, sur le champ d'expérience désormais historique de Cempuis. Là depuis douze années, malgré les difficultés des débuts et les oppositions suscitées, l'enseignement intégral, la coordination de l'instruction et du travail manuel, la coéducation des deux sexes ont produit des fruits que tous ont pu constater, des succès qui autorisent les plus hautes espérances. Dans des conditions encore meilleures, tirant parti de ce qu'ont pu apprendre ces laborieux essais, on est en droit de prévoir des résultats plus parfaits.

Nous convions donc tous' les hommes que préoccupe le grand problème de la régénération sociale par l'éducation et que des convictions semblables aux nôtres associent à nos voeux et à nos espérances, à quelque pays, à quelque langue qu'ils appartiennent, à se concerter pour une action commune de propagande des principes, de discussion et d'expérimentation des procédés et moyens d'organisation. Ce n'est pas à nous de déterminer sous quelle forme, exactement, cette action concertée peut se produire. Tout est à faire: l'oeuvre est vaste, il y place à toutes les collaborations: les moyens peuvent être divers, pourvu qu'un lien commun centralise en certaine façon les idées et les énergies et les empêche de se perdre dans la masse passive dont l'inertie absorbe presque toujours sans profit les efforts individuels.

Le Comité Provisoire

BOGAERTS A., instituteur à Gand.
DELON Charles, publiciste.
DENIS H., recteur à l'Université libre de Bruxelles.
GUILHOT P., sous-directeur à l'Orphelinat Prévost à Cempuis (Oise).
LIEVEVROVW-COOPMAN (Mme), institutrice à Gand.
PON S DE LÉON, publiciste, à Santiago (Chili).
ROBIN P., directeur de l'Orphelinat Prévost, à Cempuis (Oise).
SEVERIJN G., instituteur à Amsterdam.
SLUYS A., directeur de l'Ecole Normale de Bruxelles.
SURBER J.-W., instituteur, à Rotterdam.

Ce manifeste a été approuvé à la Session normal de pédagogie pratique, tenue à Gand du 12 au 18 août 1893, dans la séance du 13.
L'assemblée a décidé la fondation d'une Association universelle d'éducation intégrale, dont le siège a été provisoirement fixé à Bruxelles.

 


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